Mardi 13 décembre 2005

Camp Aude juin 2005

Il est aujourd’hui encore un peu tôt pour retirer pleinement ce que notre séjour dans l’Aude nous aura apporté, la rédaction de notre rapport d’activité ne pourra pas débuter avant quelques semaines. Désirant néanmoins répondre à la demande de notre Directeur, nous livrons ici une réflexion qui chemine pour nous au travers de ce que nous mettons en place dans l’accompagnement des adultes qui nous sont confiés.

Est-ce une gageure que de partir 8 jours avec 6 adultes et 4 collègues à 600 km du Foyer ?

Oui, nous gageons d’emblée, à la rédaction du projet, sur ce que ce séjour peut apporter à l’un au à l’autre résidant, sur ce que nous pourrons leur offrir.
Nous réfléchissons en professionnels sur les enjeux d’un tel voyage et tentons d’y mettre un sens qui puisse justifier une telle démarche.
Mais avant tout, ou peut-être malgré la démarche professionnelle conductrice du projet, ce sont 11 hommes et femmes qui partent vivre 8 jours 24h/24 dans un environnement différent avec la volonté de vivre des instants qui fassent « maillon » dans la chaîne de la vie qu’ils ont à partager.

Nous avons mûrement réfléchi ce projet, nous l’avons rédigé en tentant d’y mettre tous les objectifs que nous désirions atteindre, tout ce que nous voulions -à priori- que ce séjour nous apporte.
Nous sommes parties  en professionnelles mais, bien que gardant ce regard tout au long de la semaine, nous avons avant tout vécu 8 jours en tant qu’hommes et femmes partageant des instants de vie qui, à l’instar de ceux que nous avons vécus en Belgique en février 2004, font lien et nous permettent de prendre appui pour accompagner les résidents qui nous sont confiés.

Voici quelques photos qui illustrent notre séjour, y manquent les anecdotes, nos impressions, tout ce qui nous a permis de revenir avec des idées et des souvenirs plein la tête mais aussi avec une certaine complicité tissée au gré des jours et des instants partagés qui nous donne aujourd’hui l’envie de continuer sur le chemin de l’engagement que nous avons pris auprès des adultes des Iris et de recommencer de tels séjours porteurs d’énergie et de renouveau.

Agnès
Etablissement les Iris à Montbrison

par Valerie Legendre publié dans : C'est à dire
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Dimanche 1 mai 2005

Elle ne nous quittera plus, accrochée avec force à chaque moment de notre vie.

Toujours tiraillés nous évoluons tantôt sur un pont, tantôt sur un fil avec toujours ce risque de basculer d’un côté. Une frontière virtuelle entre le monde que nous avons été contraints de quitter et celui dans lequel nous sommes contraints d’exister. Nous voilà prisonniers d’un « no man’s land » dont il ne nous est plus possible de nous échapper.

Si l’amour finit par noyer le chagrin, il reste pourtant toujours quelque part à l’intérieur prêt à surgir si nous ne savons le contrer. Il se plait à gratouiller avec délice la fameuse cicatrice qui a tant de mal à se refermer !!!

Pourtant quel bonheur de vous avoir à nos côtés. Grâce à vous notre vie a bien changé.

Comment ne pas apprécier tous ces moments riches en émotion, étapes indispensables à notre reconstruction et à son éducation.

Fantastiques et douloureuses à la fois :

Fantastiques, parce qu’à force de patience, les efforts finissent par se concrétiser.

Douloureuses aussi, car chacune de ces victoires affirme sa différence, ses difficultés !

Je vous plains et je vous envie vous « les autres » de ne pas partager ce bonheur de pouvoir dire que votre vie aussi a changé, que les petits maux du quotidien sont réduits à pas grand-chose, que nous essayons héroïquement de montrer cette pseudo sérénité que nous aimerions voir s’installer plus que d’en parler, qu’enfin, je l’avoue, il est si bon parfois de retourner dans votre vie celle que nous avons brutalement quittée sans préavis.

Mais ne nous inondez pas de votre compassion, ne nous affublez plus de ce courage dont nous n’avons pas voulu car, vous ne connaissez ni votre bonheur de ne pas savoir, ni votre malheur de ne pas connaître.

par Elisabeth Guérin publié dans : C'est à dire
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Dimanche 10 avril 2005

Le petit écran ne cesse de nous gâter en la matière : Intégration en tout genre… intégration scolaire … intégration dans le monde du travail… Bref intégration dans la société !
Vaste programme !

Avons-nous laissé la parole à ces personnes que nous souhaitons « intégrer » à tous prix ?

Ce que nous souhaitons nous, parents, c’est bien entendu que notre enfant « colle » le mieux possible à cette forme de normalité dans laquelle nous avons été élevés. L’école devient alors l’une des premières étapes pour y entrer… Mais savons nous mesurer si cette intégration convient bien à l’enfant ou au désir de ses parents ?

Comment pour ces mêmes parents, admettre que leur enfant dépend d’un établissement spécialisé alors que ces mêmes établissements font figure de ghettos, décrits comme dernière possibilité d’accueil, le début de la fin !

Quelle vision limitative et fermée sur ces personnes que l’on prétend vouloir intégrer et qui les marginalise encore d’avantage.

Etre intégré ce n’est pas entrer dans le moule de ce qui existe, c’est faire accepter les différences pour qu’elles fassent partie de ce qui est, pour que d’intégration il ne soit plus utile de parler.

par Elisabeth Guérin publié dans : C'est à dire
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